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Ma Présentation de Maître de Danse: Qui suis-je? (2/5)

Qui suis-je?

Alors en tant que Maître de Danse, qui suis-je ? C’est comme quand je fais des rencontres sur les pistes de danse. Je ne me présente plus en tant que danseur, ni plus en tant que Prévôt de Danse mais en tant que Maître de Danse. Et là, certains me parlent d’humilité… J’ai le droit d’être qui je suis quand même, non ? Alors que j’aime partager et danser. Ma générosité fait flipper plus d’un. A celles et ceux qui flippent, je vous préviens : en lisant préparez-vous à un grand saut ! Puis aux jaloux, invitez-moi sur la piste de danse pour que nous rivalisions. Et pour tous ceux qui sont présents en bal, vous pouvez aussi vous amuser à vous poser la question : est-ce qu’il y a un Maître de Danse ici ? Et c’est qui ? Est-il nécessaire ? Au mieux, je suis désigné ; au pire, je suis mis à la trappe ^^ Puis ces trois questions vous permettent de reconnaître ceux qui se disent Maître de Danse simplement parce qu’ils savent animer un atelier de danse. Pour moi, un Maître de Danse n’est pas qu’un animateur d’atelier de danse. Les danseurs savent le reconnaître.

Des fois, il m’arrive d’entendre un danseur crier à l’autre bout de la piste de danse : « Ah non ! Ce n’est pas ça ! C’est pied gauche ! » Ou encore un groupe de musiciens qui annonce la danse et qui signale en même temps : « telle personne interdit d’atterrir sur tel pied à tel moment ». Je me demande l’intérêt de ces interventions. Est-ce pour maintenir une pratique morte ? Ou soigner une pratique vivante ?

Maintenir une pratique morte est le dernier de mes soucis (surtout celui de commencer pied gauche). J’ai des facilités pour me repérer dans la danse. Je reconnais la durée de mes pas et l’exécution dans l’espace. Ma Maître de Danse a dit une fois que je dansais comme un tambour. Ce qui est révélateur. Je sais rythmer la danse. A partir de là, les danseurs qui m’accompagnent me suivent. Généralement, quand j’arrive en baleti, je n’ai rien à dire. Les danseurs savent suivre. Je suis un guide. Quand je réalise une fioriture dans une danse et que les danseurs me suivent (ce qui modifie la dynamique de la danse), il arrive que des animateurs d’atelier de danse viennent m’engueuler. Je ne les empêche pas de prendre la place de guide. En même temps, si les danseurs me donnent la main, je les prends en charge. C’est mon rôle.

Je me préoccupe essentiellement de l’harmonie entre les musiciens, la musique, la danse et les danseurs. Dans le film Fantasia (1940), le Studio Disney illustre à merveille cette harmonie. Quand je sens que l’harmonie est installée, je sais que je peux agir. C’est-à-dire que j’entrevois les libertés que je peux prendre dans la danse et la musique, et du coup comment je peux contribuer à maintenir cette harmonie ou à la briser (comment mettre le bordel dans une danse ^^ ). Aussi bien, par moment, j’entraîne des danseurs qui s’initient ; à d’autres moments, je m’amuse avec les danseurs qui connaissent (ce qui permet des échanges où on s’éclate). Je ne fais pas n’importe quoi et je fais ce que je veux. En d’autres termes, je suis créatif tout en sachant être avec les autres.

Je m’incline face à ces danseurs et musiciens qui ont cette réflexion. Il y a un savoir pour identifier la structure de la danse et pour illustrer leur maîtrise de la danse. Je fais une différence avec les danseurs qui ne maîtrisent pas encore leurs pas mais qui les possèdent. Ils savent exécuter à merveille leurs pas sans oser prendre d’initiatives dans la danse. Des fois, ils ne sont pas en lien avec les musiciens. Ils ne lient pas la danse à la musique. Dans le sens inverse, ça vaut aussi pour les musiciens. Les danseurs les plus intéressants sont ceux qui font du lien. Ils sont fluides. J’adore ces danseurs car ils me donnent une structure sur laquelle je me base pour exécuter mes fioritures. Une fois, une danseuse m’a remercié pour les fantaisies. C’est joliment dit. Ces danseurs m’aident à rayonner.

Le fait d’amener des ouvertures dans la danse bouscule des danseurs. Du coup, soit des danseurs s’en saisissent et nous sommes dans un jeu d’échange ; soit des danseurs explosent et crient à l’autre bout de la piste « C’EST PIED GAUCHE ! » parce que j’accentue d’autres repères qui constituent la même danse. Là, je rencontre des personnes qui ont des difficultés à s’amuser et alors à maîtriser.

Je reconnais que danser est difficile. C'est un jeu de coordination entre l’esprit et le corps. Et une fois que les règles sont maîtrisées, tu t’éclates ! D’où le plaisir que j’ai à danser. Youhou ! je maîtrise ! Tellement que certaines fois je suis explosif sur la piste de danse et des fois d’autres m’explosent ^^ à tel point que je brûle certains. Afin d’éviter ces brûlures, le tout est de savoir être stratégique. Ce savoir être est une éducation acquise grâce à des échanges avec des Maîtres de Danse, des rencontres de Musiciens et de Danseurs. Grâce à ces rencontres, j’ai pris conscience de mon potentiel de Maître. Je me suis construit à travers ces rencontres en corrigeant constamment mes pas auprès de Maîtres que j’ai choisis. D’ailleurs, les meilleurs apprentissages sont ceux qui sont choisis (là, c’est un éducateur technique spécialisé qui vous parle). J’estime que c’est aux apprenants de choisir leur Maître et non l’inverse. Le devenir de l’apprenant dépendra de la générosité des Maîtres. J’ai eu la chance de rencontrer des Maîtres qui donnent sans compter. Ce sont des Maîtres en or. Ils ont le souci du bien-être de l’apprenant. Ils se préoccupent que leurs apprenants soient autonomes, c’est-à-dire que l’apprenant arrive par lui-même à dépasser ses difficultés. C’est un exploit et la finalité de tout Maître (de Danse ou autre).

Grâce à mon parcours, j’arrive à un niveau de réflexion où je laisse le corps danser et où je me donne la liberté de penser la danse. Maintenant, je serais curieux de rencontrer les apprenants qui me choisissent. Puis quand un de mes apprenants obtiendra son Diplôme de Maître de Danse, je pourrai faire partie du jury des Assauts de Danse. Mais ça, c’est encore une autre histoire.